Friedrich Merz à Berlin, en Allemagne, le 25 mars 2026. ( AFP / JOHN MACDOUGALL )
Berlin a adopté mercredi en conseil des ministres un nouveau programme de protection du climat de plusieurs milliards d'euros mais déjà contesté par des associations qui le jugent insuffisant.
Le gouvernement mettra à disposition huit milliards d'euros supplémentaires au cours des quatre prochaines années pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et respecter ses objectifs climatiques, a déclaré à Berlin le ministre de l’Environnement, Carsten Schneider.
La baisse des émissions de CO₂ du pays a nettement ralenti en 2025, n'atteignant que 0,9 million de tonnes.
Pour viser une baisse de 65 % d'ici 2030, par rapport à 1990, il faudrait réduire d'environ 42 millions de tonnes par an, soit plus de quarante fois plus.
Le programme comprend 67 mesures, qui devraient permettre d'économiser plus de 25 millions de tonnes de CO₂ supplémentaires d'ici 4 ans.
Il est prévu d'aider l'industrie, fortement dépendante à l'énergie, à réduire sa "dépendance aux importations coûteuses et incertaines de pétrole et de gaz", selon le ministre.
De même, 2.000 éoliennes supplémentaires vont être construites, et un nouveau programme de subventions pour l'achat de voitures électriques destiné aux ménages, en fonction des revenus, doit couvrir environ 800.000 voitures.
Cependant, des projections d'experts montrent que l'Allemagne, longtemps championne de l'énergie verte, accusent un retard sur ses objectifs climatiques.
Le chancelier Friedrich Merz a assoupli certaines règles climatiques pour soutenir l'économie après trois années moroses, tandis que sa ministre de l'Economie, Katherina Reiche, favorise de nouvelles centrales au gaz et est plus réservée sur le solaire.
Dans l'opposition à l'actuelle coalition encore conservateurs et sociaux-démocrates, la cheffe du groupe parlementaire des Verts, Katharina Dröge, a qualifié le présent plan de "farce", qui va laisser les citoyens exposés au "piège des coûts élevés des énergies fossiles".
L'Environmental Action Germany (DUH), une ONG déjà victorieuse en justice contre le précédent gouvernement pour un plan climatique jugé insuffisant, s'est engagée à attaquer le nouveau texte en justice.
Sa dirigeante Barbara Metz l'a qualifié d'"incendie politique climatique".
Des manques sont également soulevés par l'ONG Greenpeace, son directeur, Martin Kaiser, estimant que la limitation de vitesse sur les routes pourrait à elle seule "économiser plus de CO2 que toutes les mesures de transport adoptées aujourd'hui réunies".
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